Les possesseurs du titre de Maître-Nageur-Sauveteur (MNS) et du diplôme du Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique (BNSSA) aussi appelés sauveteurs, sont les seuls personnels autorisés à surveiller les sites de baignades gratuits ou payants, ouverts au public. En France, le nombre de sauveteurs évalué à 5000 actifs s’élève à 12000 pendant la période estivale se pose dès lors la question de l’efficacité d’action d’une population majoritairement constituée de sauveteurs saisonniers.

Hypothèse :

La surveillance, le sauvetage et le secourisme constituent les trois compétences des sauveteurs. La compétence est issue de l’association de savoirs, savoir-faire et de la capacité à s’adapter aux situations rencontrées. La formation continue (FC) annuelle doit permettre de maintenir les secouristes à leur meilleur niveau et de mettre à jour leurs connaissances. L’objet de notre étude est de déterminer si la formation continue annuelle répond de manière efficace au maintien au meilleur niveau de la compétence « secourisme » des sauveteurs. L’efficacité correspond à un savoir quasi-parfait des savoirs spécifiques en matière de secourisme.

Méthode d’analyse :

Les sauveteurs sont obligatoirement titulaires de la certification « Premiers Secours en Équipe de niveau 1 (PSE1) ». Cela induit la mémorisation de la totalité des savoirs spécifiques en secourisme. Aussi notre étude a évalué l’état des connaissances des sauveteurs sur le PSE1. Un questionnaire portant sur les procédures de prise en charge de victimes, des techniques de secours et de support d’interventions nous a permis de recueillir nos données. Ce questionnaire a été diffusé sur les réseaux sociaux entre juillet et décembre 2014.

Résultats de l’étude sur la formation continue en secourisme des sauveteurs aquatiques :

Le nombre de personnes ayant 100% de réponses correctes est très faible. Par contre, notre étude a fait apparaitre deux catégories de sauveteurs, le type « Sachant » et le type « Connaissant ». Le « sachant » est un sauveteur qui cumule des activités dans le domaine du secourisme (bénévolat, pompiers, … et/ou formateurs). Il apporte 75% et plus de réponses correctes au questionnaire. Le type « Connaissant » est constitué majoritairement des sauveteurs sans autre activité de secours. Cette catégorie obtient des résultats qui vont de moyens à franchement mauvais . Pour les deux types, l’entraînement au secourisme a une incidence sur les connaissances confirmant ainsi la loi de la puissance de la pratique ou de l’apprentissage de John Anderson (1999) (conf. Schéma). Cependant, certains sauveteurs possèdant les caractéristiques du « Sachant » ont de mauvais résultats. Inversement, d’autres sauveteurs de type « Connaissant» obtiennent de très bons résultats à notre questionnaire.

Conclusions :

La formation continue est-elle efficace ? La réponse est nuancée. La formation continue permet de remémorer des informations pour ceux qui les auraient oubliées, de consolider les connaissances et d’acquérir de nouveaux savoirs. A ce niveau, elle se révèle réellement efficace. Pour autant, elle n’est pas suffisante car elle doit être accompagnée d’entraînements qui jouent sur les deux autres piliers de la compétence des sauveteurs, le savoir-faire et la capacité d’adaptation.

Cela explique pourquoi les sauveteurs qui sont de surcroît pompiers, secouristes, bénévoles, … ont des résultats nettement meilleurs que les sauveteurs au sens strict du terme. Il est légitime de se demander si une étude portant sur une population de secouristes (pompiers ou non) aurait donné des résultats similaires. Rappelons que parmi les secouristes, figure un effectif important de non professionnels.

Discussion : La population analysée par notre étude représente un faible échantillon de sauveteurs. Il est licite d’imaginer qu’une étude à grande échelle apporterait des résultats un peu différents. A l’évidence, nos résultats restent à être confirmés par une telle étude à grande échelle.

Courbe du savoir BNSSA

Courbe du savoir BNSSA

De Gerald Vilo (Master STAPS, Formateur de formateurs, BNSSA)

Sous la direction de Magalie DORGANS & Arnaud WALTZ à l’université Paris 13 Bobigny

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