Les bénévoles et notamment les jeunes recrues sont la force nécessaire pour que ce modèle fonctionne et perdure afin de pouvoir renforcer les services publics de secours. Pour cela, les bénévoles doivent complètement être pris en considération et impliqués dans la politique de sécurité civile.

Les associations ont souvent le désir de travailler davantage en liens avec les secours publics, mais elles restent pour autant autonome. Toutefois, l’Etat reste légitime à pouvoir demander des comptes à ces structures.

La place des bénévoles dans la sécurité civile française doit poursuivre son cheminement pour qu’elle soit confirmée. En effet, les bénévoles s’engagent pour servir, être utile, venir en aide à la société et aux personnes dans le besoin. Ils ont donc la volonté d’être mis à disposition dès que la situation le nécessite. Par conséquent, ils doivent faire partie prenante dans l’organisation et la préparation des différents exercices de sécurité civile en vue d’un futur déclenchement ORSEC par exemple.

L’action est primordiale pour entretenir la motivation. La formation qu’ils ont reçue, les entrainements et mises à jour de leurs formations qu’ils suivent mensuellement et annuellement favorisent cette envie tout en permettant d’assurer une formation optimale. Mais il devient alors nécessaire d’inclure cette réserve dans l’ensemble des plans de secours en prévoyant la place et le rôle qu’ils auront à assumer afin qu’ils poursuivent leur formation sur ces éléments. Les crises n’ayant pas lieu quotidiennement, il convient en parallèle de pouvoir les intégrer systématiquement aux différents exercices afin d’entretenir cette préparation et de renforcer le sentiment d’appartenance.

Enfin, sensibiliser tous les acteurs des moyens de cette réserve, à disposition dès lors qu’une crise survient. Outre ce renforcement du traitement des bénévoles en vue du traitement d’un événement majeur, il convient de les sensibiliser au travail avec les autres protagonistes.

Les associations agréées de sécurité civile disposent en effet d’importants moyens opérationnels, leur permettant de s‘engager rapidement sur les différentes zones de sinistres mais doivent garder à l’esprit qu’elles sont complémentaires aux autres acteurs comme les sapeurs-pompiers qui agissent en première ligne et ont bien souvient le rôle de chef des opérations de secours. Les associations étant donc sous commandement Sapeurpompier.

La rivalité entre services fait parti du quotidien, chacun ayant l’impression que les structures respectives tentent d’outrepasser leur champs de compétences ou les jugeant chacune moins performantes pour réaliser les missions. Les sapeurs pompiers sont parfois qualifiés par ces bénévoles de « cow-boys » ou de « pompiers de loisirs », faisant référence au fait qu’ils soient volontaire et donc à un niveau égal de compétences. Certains sapeurspompiers qualifiant les bénévoles comme des « amateurs ». Mais il faut replacer les choses ; les sapeurs-pompiers doivent être soutenus comme acteur du secours en France, nécessaires pour répondre aux appels quotidiens et demandes d’intervention, quant aux associations de sécurité civile, elles doivent être soutenues comme un acteur qui vient renforcer les secours publics en cas de besoin et permet la résilience de notre société.

Les deux organismes étant vitaux à la sécurité civile française pour faire face à chaque crise comme l’a démontré les évènements connus ces dernières années cités en amont de ce mémoire. Le dialogue entre le ministère et les responsables de ces grandes structures doit poursuivre sa construction pour clarifier la position de chacun et ses spécialités afin que tous puissent travailler ensemble, tout en étant complémentaires.

Le lien particulier avec les pouvoirs publics est important afin qu’il poursuive sa construction et permette de toujours répondre aux nouveaux enjeux et aux nouvelles menaces.

Globalement, il apparaît important de reconnaître, valoriser et permettre le développement de l’engagement bénévole comme le mentionne le rapport de l’IGA sur le bénévolat de sécurité civile. Cela passe par l’engagement précédemment vu, mais également par la reconnaissance. Permettre à davantage de bénévoles d’être mis à l’honneur par le ministère de l’intérieur à l’occasion d’une remise de médailles ou de la Légion d’honneur accentuerait cette reconnaissance, envoyant un signal fort à tout le mouvement.

Bien sûr, cette attribution serait motivée par des actes exceptionnels réalisés dans le cadre de leurs missions comme cela sera le cas à l’occasion du congrès national de la Fédération Nationale de Protection Civile, le 10 et 11 juin à Châteauroux, en présence de Monsieur le Ministre de l’Intérieur. Les lettres de remerciement, adressés par les autorités (préfet, mairie), permettraient de compléter ce dispositif de reconnaissance.

Ce mouvement bénévole pourrait accentuer sa mise en valeur par une communication plus importante sur leur engagement par les autorités mais également par les structures ellesmêmes.

A ce titre, certains bénévoles comme Jérôme Perrin de la Protection Civile de Paris intervient régulièrement sur la chaîne d’information BFM TV dès lors qu’un événement majeur se déroule. Il permet d’apporter une expertise sur la situation rencontrée, quel peut
être le rôle des secours et notamment associatifs et quels sont les gestes ou comportements à adopter en fonction de la situation. Les associations prennent désormais part aux journées de la sécurité intérieure, aux côtés des autres services de la sécurité civile permettant au public de les découvrir et de les considérer en tant que tel.

Enfin, le dernier levier pour soutenir cet engagement serait d’inciter les employeurs à faciliter cette activité bénévole faite par les salariés. Des conventions peuvent être mises en place entre l’association et l’employeur pour une mise à disposition du salarié dès qu’un besoin important s’exprime comme lors d’une crise. Le ministère pourrait jouer un rôle de sensibilisation auprès de ces employeurs pour les inciter à s’engager.

 

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